La musique ne vient jamais de nulle part. Elle a toujours des racines. Et si l’on parle de reggae dancehall français, à la base, on trouve Sténard Saint-Félix dit King Daddy Yod. Vétéran de la scène, Daddy Yod a comme beaucoup découvert la musique de la Jamaïque à travers le plus charismatique de ses ambassadeurs, Bob Marley. « Quand je l’ai vu à la télé, ça m’a branché grave. J’étais un gamin, je ne savais pas encore que j’allais faire de la musique mais ça m’a parlé, selon la légende tout était écrit », se souvient Daddy Yod.

Dans le même temps, il découvre le chanteur guadeloupéen Ibo Simon, aux paroles revendicatives. Deux piliers, deux inspirations pour Daddy Yod qui va quitter les Antilles à l’âge de 10 ans pour atterrir dans le 9.3 en plein mois de février. « Au pays on recevait tout le temps des cartes postales avec des pommiers et de la neige. Pour moi la France c’était ça : tout blanc, avec que des pommiers ! On a débarqué en plein février, il faisait froid et quand la neige a commencé à fondre, on a découvert la boue. Pour moi, il n’y avait ni boue ni misère en France, on pensait que c’était l’Eldorado. Premier choc ».

Très vite, Daddy Yod s’intéresse au mouvement rasta. Un jour, il découvre la star du dancehall jamaïcain King Yellowman dans le magasin de disques Blue Moon. « Ça a tout déclenché. Je savais que j’allais être artiste comme King Yellowman. Mais dans la lignée des lyrics à la Bob Marley et Ibo Simon, avec conscience et fierté ». Daddy Yod écrit ses premiers textes et s’entoure d’une équipe solide, le sound system Youthman Unity, autour duquel gravitent les piliers du dancehall français Pablo Master, Mikey Mossman et Supa John.

La première apparition discographique de Daddy Yod est le titre « Elle N’Est Pas Prête » 45 tours maxi produit par Jimmy’s Productions et repris sur l’album France Connection qui révéla également Princess Erika. Le second coup d’éclat est « Rock En Zonzon » sur Rapattitude produit par Label Noir et Virgin, la compilation qui marqua l’avènement du rap et du reggae en français. Intro à la Elvis Presley, rage ragga, groove d’acier, Daddy Yod fait sensation. Le public le découvre sur les planches, toasteur de feu qui se donne à 200%.
L’histoire du premier album, Redoutable produit par JR Production distribution Melodie, est un véritable film noir : après l’enregistrement à Paris, l’album part en Angleterre pour un mix haut de gamme signé Tarquin Boyson, la star du

moment. Problème : au retour de Londres, les bandes disparaissent mystérieusement (« Mafia ? Sabotage ? Hasard ? » lira-t-on au verso de la pochette). Daddy Yod, jeune débrouillard raggamuffin, trouve la solution : il fait mastériser l’album à partir d’une cassette chrome contenant une copie audio du mix final.
Coup de poker, et premier gros succès : le morceau « Faut Pas Taper La
Doudou » devient un hit énorme en Guyane, Guadeloupe et Martinique, où Daddy Yod reçoit un accueil triomphal de superstar.
« C’était la Yodmania ! exigeant avec moi-même, mes zicos, managers et producteur. Avec le recul il y a des choses que j’aurais pu mieux gérer mais j’étais jeune, je vivais mon star system » raconte Daddy Yod avec son honnêteté coutumière. Quelques mois plus tard, un second album voit le jour, « King » mixé par Gussy P, produit par Backchich Record, première production du Label crée par Fanny gérante du magasin du Blue Moon et signé chez Sonny Music Publishing. Là, c’est le
choc : King est un grand disque, avec une version définitive de « Faut Pas Taper La Doudou », l’immense « Delbor » 1ère collaboration avec Gussy P, on y retrouve aussi les classiques (« Professionnel Ou Amateur », « Problème ») et une pochette superbe avec l’artiste en vélo vêtu du maillot jaune des vainqueurs du Tour de France. En 1993, il s’offre le duo de légende Sly & Robbie sur 2 titres de l’album « L’Incorruptible » produit par JR Production et Mélodie réalisé et mixé par Gussy P.
Le succès de « Faut Pas Taper La Doudou » finit par alerter les majors : Daddy Yod signe chez Phonogram (Mercury) et sort en 1995
Le Survivant toujours réalisé et mixé par Gussy P, un disque ambitieux mais qui ne rencontre pas son public. Daddy Yod fait une tournée avec Dennis Brown, qui lui propose un duo, reprendre sa chanson « Paris » qui à l’origine était en feat avec Mike Anthony. La maison de disques refuse. « D’habitude c’est nous qui allons vers les Jamaïcains et quand le prince du reggae demande à enregistrer avec moi, ils ne veulent pas ? Pour moi, l’histoire s’arrête là. J’ai demandé qu’ils me rendent mon contrat, et je suis parti. J’avais envie d’arrêter la musique. J’ai des enfants que je ne voyais pas grandir, c’était pour moi l’occasion de me rapprocher d’eux et je continuais à écrire ».
Daddy Yod enregistre :
Show Girls en 2002, Fraiche en 2006, le double CD best of Anthology en 2009 et en 2013 l’album Président De La Rue Publique, qu’il pense être son dernier. Puis Daly, un artiste Guadeloupéen, le convainc de reprendre son hit « Delbor ». Puis il sort en 2015 « Les Chroniks du King » 80 titres + 1 inédit « Poum Poum Ki La », dans lequel Daddy fait un constat de la scène Dancehall d’aujourd’hui.
Comeback dans les bacs. Le phénix renait de ses cendres. Son talent resté intact, après le concept du cycliste en maillot jaune, c’est An ba Fèy que notre champion, Dj Fondation, le vétéran du dancehall prépare son retour. Le titre est clair : An ba Fèy (en sous-marin), co-production Couleurs Music Publishing, DigStudio Music et Lentreprisekdy.

Pour ce nouvel album, Daddy Yod tape dur. Il invite une large palette d’artistes : « J’ai tenu à travailler avec Admiral T sur le titre « Stoppons La Violence », K-

reen sur le titre « Da2dy », Daddy Nuttea sur le titre « Gwada Unit » , Daddy Mory et Jimmy Sissoko sur le titre « Anesthésie », Medhy Custos sur le titre
« Antillais À Paris », Rockin Squat sur le titre « Bordel », Pierpoljack et Blakkayo sur le titre « Boxing », Big Tom le roi de l’ambiance sur le titre «Pédalez », Gordon Henderson sur le titre « Right Hook » qui dans les années 1970 était signé chez Barclay avec son groupe Exile One. Pour les jeunes il y a Keros’n sur le titre « Comédien » et Scars sur le titre « Grosse Panique ».

Les titres forts se succèdent : « Da2dy », « Gwada Unit», « Stoppons la Violence », « Comédiens », « Anesthésie », « Grosse panique », « Boxing »,
« Face à face »,
« Antillais À Paris » une adaptation futée de « Englishman In New York » de Sting. « Bordel » en duo hip-hop avec Rockin’ Squat d’Assassin, qu’il retrouve 25 ans après Rapattitude. Le stupéfiant « An Ba Fèy Blues » mutant enivrant comme un rhum arrangé... Point commun de toutes ces chansons : des messages positifs pour lutter contre la négativité qui menace la jeunesse.
« Nos gamins sont les futurs Obama. Si on ne leur met que des chansons de gangsters dans la tête, ils vont s’identifier à ça. Elle peut avoir un effet néfaste sur le peuple. L’homme ne vit pas que de pain, le peuple a faim et soif du rap et du raggamuffin. Dieu parle à travers la musique».

Tel un Rocky reggae, Daddy Yod revient.
Yes papa
: c’est le retour du Roi.
King Daddy Yod est dans la Party, et c’est comme s’il n’était jamais parti.
Il enregistre pour Wickedb Selecta sur le DomTom Riddim « Pam Pam difé », pour Janick Mc « Yon » feat Frantzy sur le Yon Riddim, pour Collector Concept « Love » feat Dilayone Rebel, pour Dj Kaprisson « Ba yo love ».

Olivier Cachin

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